Archives de Tag: Démocratie

Après le « naufrage de la gauche italienne ». Comment les grillini et leurs nouveaux alliés pourront-ils refonder une nouvelle gauche?

 Albano Cordeiro, économiste-sociologue, Paris

Avril 2014

PRÉAMBULE

Les épisodes de ces jours-ci à Rome, où un collège de  parlementaires et représentants régionaux ont procédé à six votations jusqu’à élire un nouveau Président de la République, recèlent des éléments pour la compréhension de la crise (ou des crises) de la gauche classique opérant dans un contexte assumé de démocratie représentative.

Dans maints pays (la démocratie représentative n’est pas présente dans tous les pays), la «démocratie réellement existante» consiste en une droite institutionnelle (et ses alliés et autres, concurrents éventuels), d’un côté, et une gauche institutionnelle (et ses alliés et concurrents), de l’autre côté, jouant à «une fois j’y vais, une autre fois, tu y vas», sans pour autant remettre en cause le système politico-économique.

Il y a désormais un contexte où l’on observe un changement des rapports entre les citoyens censés être représentés dans le cadre de la démocratie dite représentative. Cette évolution a des facteurs multiples. L’un de ces facteurs est le nombre croissant de jeunes adultes ayant fait des études longues (facteur agissant particulièrement dans le dit «printemps arabe»). Des jeunes adultes actifs,  souvent donc en possession de connaissances qui leur permettent d’avoir des jugements propres, élaborés, ou par échange avec d’autres, de façon à ne pas reprendre les idées reçues diffuses via les grands médias, arguments justificatifs du système politico-économique en vigueur[i]. Ce même système est ainsi jugé au vu des conditions auxquelles est soumis le marché du travail produisant la précarité

D’autre part, les mobilisations observées, particulièrement parmi des étudiants, des jeunes adultes actifs, chômeurs, précaires,  dans divers pays, tels que l’Espagne, Le Portugal,  la Grèce, la Gran Bretagne, les Etats Unis, le Canada, et autres, centrent leurs revendications sur les droits humains et sur une démocratie qui ne les exclue pas, eux et tous les autres citoyens. Ces mobilisations vont dans le sens de la construction d’une alternative au système politico-économique. Lire la suite

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A propos du « coup d’état » en Egypte. Dissertation sur la légitimité démocratique

A propos du «coup d’état» en Egypte.

Dissertation sur la «légitimité démocratique»

Albano Cordeiro, 31 Juillet 2013

Mohamed Morsi a été élu Président de la République au deuxième tour, en juin 2012, avec 51,7% des voix exprimées, soit 13,23 millions d’Egyptiens.

En référant son résultat non pas aux votes exprimés, mais au nombre de citoyens appelés  à choisir leur Président de la République,  Morsi a été élu par 26% des citoyens  égyptiens. 74% des  citoyens égyptiens ont voté pour l’autre candidat du deuxième tour ou ne se sont pas déplacés au bureau de vote. Au deuxième tour, les votes comptabilisés mélangent des membres et sympathisants des Frères Musulmans mais aussi des votes des gens qui ne voulaient pas du deuxième candidat, associé au régime de Moubarak. Le premier tour est plus significatif du poids des Frères Musulmans dans la vie politique égyptienne.  Morsi a obtenu 5,765 millions de votes au premier tour, ce qui signifie 11,3% du corps électoral[1].

Donc, le candidat Morsi a obtenu la «majorité démocratique» avec une minorité de citoyens ayant le droit de vote. Lire la suite

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Pour un un nouveau concept des Missions d’Observation Electorale internationales

Pour un un nouveau concept des Missions d’Observation Electorale internationales.

85% !

Albano Cordeiro, économiste-sociologue, CNRS, Mai 2004

« Il a obtenu la majorité des suffrages (entre 50% et 60%), mais 85%

c’est la république bananière.Comment cela a-t-il pu se passer? Je n’en sais rien »

Général Khaled Nezzar, sur RFI, le 30/09/04, in Libération, 1/10/04.

Les chiffres finaux officiels donnent 85% pour Abdelaziz Bouteflika, qui devient à nouveau Président de la République Algérienne pour 5 ans. Moins que le score Ben Ali et moins que ceux des dictateurs «élus» des républiques asiatiques de l’ex-URSS, mais tout de même «stupidifiant» (à rendre stupide)] et inattendu. Lire la suite

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