Archives de Catégorie: Politica italiana

Après le « naufrage de la gauche italienne ». Comment les grillini et leurs nouveaux alliés pourront-ils refonder une nouvelle gauche?

 Albano Cordeiro, économiste-sociologue, Paris

Avril 2014

PRÉAMBULE

Les épisodes de ces jours-ci à Rome, où un collège de  parlementaires et représentants régionaux ont procédé à six votations jusqu’à élire un nouveau Président de la République, recèlent des éléments pour la compréhension de la crise (ou des crises) de la gauche classique opérant dans un contexte assumé de démocratie représentative.

Dans maints pays (la démocratie représentative n’est pas présente dans tous les pays), la «démocratie réellement existante» consiste en une droite institutionnelle (et ses alliés et autres, concurrents éventuels), d’un côté, et une gauche institutionnelle (et ses alliés et concurrents), de l’autre côté, jouant à «une fois j’y vais, une autre fois, tu y vas», sans pour autant remettre en cause le système politico-économique.

Il y a désormais un contexte où l’on observe un changement des rapports entre les citoyens censés être représentés dans le cadre de la démocratie dite représentative. Cette évolution a des facteurs multiples. L’un de ces facteurs est le nombre croissant de jeunes adultes ayant fait des études longues (facteur agissant particulièrement dans le dit «printemps arabe»). Des jeunes adultes actifs,  souvent donc en possession de connaissances qui leur permettent d’avoir des jugements propres, élaborés, ou par échange avec d’autres, de façon à ne pas reprendre les idées reçues diffuses via les grands médias, arguments justificatifs du système politico-économique en vigueur[i]. Ce même système est ainsi jugé au vu des conditions auxquelles est soumis le marché du travail produisant la précarité

D’autre part, les mobilisations observées, particulièrement parmi des étudiants, des jeunes adultes actifs, chômeurs, précaires,  dans divers pays, tels que l’Espagne, Le Portugal,  la Grèce, la Gran Bretagne, les Etats Unis, le Canada, et autres, centrent leurs revendications sur les droits humains et sur une démocratie qui ne les exclue pas, eux et tous les autres citoyens. Ces mobilisations vont dans le sens de la construction d’une alternative au système politico-économique. Lire la suite

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L’impact des dernières élections législatives italiennes sur la maturation d’une « révolution citoyenne ».

Albano Cordeiro, Mars 2013
Préambule
Que la démocratie (représentative) puisse rendre un pays ingouvernable, cela parait un paradoxe. Surtout quand cette contre-performance ne relève pas de tripotages plus ou moins légaux dans l’organisation du scrutin. Le scrutin s’est fait selon les règles (supposées, du moins) démocratiques. L’expression des citoyens s’est faite dans le cadre légal de la loi électorale.
Evidemment, est exclu que la situation italienne se reproduise en France. Mais ce que vient de se passer en Italie peut contribuer à la réflexion sur la dite «révolution citoyenne». Rappelons que cette notion est avancée en France par la gauche radicale, en particulier par des organisations adhérentes au Front de Gauche, rencontrant des consensus dans la mouvance écologiste de gauche et chez les décroissantistes.
Pour éclaircir l’enjeu, nous définissons la dite «révolution citoyenne», le passage, par des voies pacifiques, d’un système politico-économique basé sur une structure inégalitaire de la société -où la propre inégalité fournit les moyens pour l’entretenir et l’accroître- vers un système qui deviendrait progressivement de plus en plus égalitaire. Ce passage s’obtiendrait par des mobilisations citoyennes persistantes qui changeraient à terme le rapport de forces entre ceux qui défendent le système en vigueur et ceux qui cherchent à le changer radicalement pour aller vers une société meilleure, par un processus qui pourrait être long .
L’évènement des récentes élections législatives italiennes donne des éléments de réflexion sur la faisabilité d’une révolution citoyenne. Lire la suite

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