De la «Révolution socialiste» à l’ Alternative sociale, économique, politique et écologiste

Albano Cordeiro, économiste-sociologue

Multiples pays de la planète sont aux prises avec des crises politiques qui vont bien au-delà des tensions liées au «changement de garde» propre à la démocratie représentative. En fait, une nouvelle conscience citoyenne émerge. Elle remet en cause, dans l’actuelle pseudo-démocratie répandue partout, son incapacité à mettre un terme aux inégalités qui croissent, à l’arrogance de la caste politique et à corruption et l’évasion fiscale dont les réelles proportions sont camouflées.

Depuis le printemps 2011 nous assistons à l’apparition de mouvements sociaux de type nouveau qui se caractérisent par une apparente «inorganisation» (en contraste avec les pratiques des partis politiques et les syndicats), une composition sociale avec une prédominance de jeunes adultes issus des classes moyennes instruites (pratiquant la précarité d’emploi, subissant une fréquence accrue  de périodes de chômage), un usage de nouveaux modes d’expression de leurs aspirations (dans l’espace, par l’occupation des places citadines et dans le temps, manifestant pour un temps indéfini). Ces mouvements socio-politiques se caractérisent également par une imprécision de leurs «revendications-aspirations», qui constitue la principale critique qui leur est adressée.

Pourtant cette caractéristique est intrinsèque au stade auquel se trouve le processus d’élaboration d’une alternative politique au mode de gouverner les sociétés capitalistes actuelles. Ces sociétés- qui remontent déjà à presque deux siècles, ont eu la particularité d’être contemporaines de l’existence – pendant une longue période – d’un contre-modèle, la société «comunisto-soviético-socialiste d’état». L’image qui ressortait de cette confrontation entre les deux systèmes, malgré l’adhésion- identification d’une partie non négligeable des travailleurs salariés, et une adhésion de moult intellectuels au modèle «communiste»- a eu un effet-repoussoir sur des larges masses quant à la viabilité d’une alternative organisationnelle de la société actuelle. Par ailleurs, les partis «socialistes» répandaient l’illusion que la société actuelle pouvait être reformée de façon à répondre aux besoins et aux aspirations des masses.

L’effondrement du système «socialiste soviétique» (1989-91) n’a pas suffisamment induit des changements attendibles dans les mentalités politisées dans les cadres précédents (déterminismes socio-politiques, certaines valeurs traditionnelles de gauche). Ce décalage est vérifiable pour toute une génération. Maints partis communistes disparaissent ou, redimensionnés dans leur influence sociale et politique, ils survivent …… en essayant de sauvegarder les anciennes structures et leurs élus ou, du moins, une partie.

Par ailleurs, les partis socio-démocrates – qui représentaient un «moindre pire» pour les élites influentes politiquement – se sont trouvés amoindris dans leur rôle -réel ou supposé- d’«alternative» au communisme soviétique. Une situation qui les a amené fréquemment a s’allier avec la droite en coalisions gouvernementales (1).

Par contre les générations suivantes (des nés dans les années 70 et – surtout – 80) ont fait leur politisation dans un contexte d’absence d’alternative – en fait, une situation de fait depuis longtemps – alors que cette situation elle-même mettait en évidence que le système capitaliste – en outre dan sa phase de financiarisation à outrance- n’était pas en mesure de répondre aux aspirations des classes populaires et moyennes, à cause des inégalités sociales structurantes du fonctionnement du système. Certes, cette conjoncture de l’évolution des idées politiques concerne plus concrètement les sociétés occidentales. Dans les pays où des manifestations de rue et occupations de places publiques ont eu également lieu, d’autres conjonctures interfèrent, tout en concourant à l’émergence d’une lutte élargie pour une démocratie sur un plan de plus en plus mondialisée.

  1. Selon Hubert Huertas, dans un article de «Hommes & Migrations» (H&M, n° 1263), François Hollande aurait déclaré le 17 mai 2016 ««Il n’y a pas d’alternative au pouvoir à gauche en dehors de la ligne que je représente». François Hollande a donc récupéré le TINA de Madame Tatcher («there is no alternative»…. au système socio-économique en vigueur.)

1% de la population détient la moitié de la richesse mondiale

 18,5 milllions de foyers pèsent quelque 78 800 milliards de dollars, selon le rapport annuel du cabinet financier Boston Consulting Group (BCG) publié mardi 7 juin 2016.

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