Ce que dit Daniela de La Havane, de sa vie de cubaine, alors que le pays est en pleine transition vers le capitalisme

Propos de Daniela, 50 ans, habitante du centre de la Havane, salaire : un peu moins de 20 dollars par mois *.

 «J’ai travaillé toute ma vie. J’ai appartenu à l’Union des Jeunes Communistes, à l’Association des Etudiants, au Parti, à la Fédération des Femmes Cubaines. J’ai été de toutes les associations révolutionnaires. Je me suis toujours battue, je ne suis pas partie. J’ai choisi de rester de ce côté car j’y ai toujours cru.  Et qu’est-ce qu’ils nous disent maintenant ? Qu’ils vont partir ? Qu’ils veulent prendre leur retraite (propos récents de Raoul Castro) ? Qu’ai-je gagné à être restée de ce côté de l’Histoire ? J’ai presque l’âge de la révolution. Mais souvent j’ai l’impression que pendant cinquante ans j’ai vécu une imposture».  Commentaire :

Commentaire : Les Danielas et les Daniels qui peuvent tenir ces mêmes propos sont certainement très nombreux … plusieurs générations de Danielas et de Daniels.

Ajoutons que les régimes soviétique et cubain (voire chinois, vietnamien, nord-coréen, …)  ont été pendant des décennies des repoussoirs -auprès d’une opinion publique sous et mal-informée- pour l’élaboration des idées et pour la lutte pour une société alternative à celle issue du capitalisme mondialisé, malgré les quelques avancées sur le  plan des inégalités qui ne dédouanaient pas le caractère autoritaire et liberticide de ces régimes.

Penser ou agir pour une nouvelle société était se faire traiter de « communiste», «anti-démocratique», être persécuté ou perdre sa liberté. Ainsi ces régimes qui se présentaient comme des ennemis irréductibles du capitalisme, ont pure et simplement été des auxiliaires de premier ordre – et stratégiques-  pour le maintien et le développement du capitalisme dans le monde entier.  La haute finance d’aujourd’hui, qui fait tant de dégâts, pourrait bien leur remercier pour le fieffé service que ces régimes lui ont prêté.

Albano Cordeiro

* Tiré de «Une révolution économique», signée Raquel Ribeiro, in Pùblico, 14/4/13. Reproduit dans Courrier International, n° 1183, 4-10 juillet 2013, pp. 29/31, dossier «Cuba – la couleur de l’argent», pp. 28/33.

Sous le titre : Depuis 2011 et les nouvelles mesures prises par le régime, le changement va plus vite qu’on ne croit. Il y a plus d’argent, plus d’offre, moins de pénuries et … plus d’inégalités.

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