Archives Mensuelles: janvier 2013

Le communautarisme est comme le cholestérol : il y a le bon et le mauvais*

Le communautarisme est comme le cholestérol :

il y a le bon et le mauvais*

En introduction à ce débat je propose une incursion –rapide- dans l’histoire des idées  des Sciences Sociales liés à cette problématique.

1.  La question vue par F. Tönnies

Un sociologue allemand, Ferdinand Tönnies, publie, en 1887, un ouvrage intitulée «Communauté & Société». Bien que le sujet n’était pas nouveau, ses définitions (des idéaux-type à la Max Weber) seront par la suite reprises pour expliquer des changements qui se sont opérés dans les nations européennes entre le XVIII et le XIXème siècle, en particulier, à la suite de la révolution industrielle et de l’expansion des villes au détriment des zones rurales.

Ainsi, nous allons vous donner quelques associations de notions qui se rattachent aux deux formes historiques du vivre ensemble. Lire la suite

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DANS DIX-QUINZE ANS QU’ADVIENDRA-T-IL DE L’IDENTITÉ DES PORTUGAIS DE FRANCE ?

Albano CORDEIRO, URMIS, CNRS, Paris

Latitudes, n° 5, avril-mai 1999, pp. 3/6

Une communauté “disparue” qui a gardé son identité

La notion faussement scientifique de la « proximité culturelle » sert en général de réponse-clé à la question de la supposée « facilité » avec laquelle les Portugais résidents aujourd’hui en France et arrivés en France essentiellement dans les années 60 et début des années 70, se seraient « intégrés ». L’usage ici de cette notion semble tellement marquée par le bon sens que le cas des Portugais de France apparaît comme l’exemple même de sa justesse. La « proximité culturelle » existe et agît dans le sens de l’intégration. La preuve ? Les Portugais en France !

Quand l’interlocuteur accède à un deuxième stade de connaissance de l’immigration portugaise, cette notion sombre dans une contradiction. Comment expliquer qu’ils se sont si bien intégrés (à cause justement de leur « proximité culturelle » …) alors que des fortes minorités d’entre eux continuent, plus de trente ans après leur arrivée, à animer un extraordinaire entrelacement de multiples réseaux « internes » (entre Portugais) ? Au point que l’on a pu dire qu’ils constituaient, dans maintes situations locales, des  micro-sociétés parallèles juxtaposées à la société locale [1]

Ce comportement pluridécennal de retrait de la part des Portugais de France est le socle sur lequel l’identité portugaise a pu se maintenir jusqu’à nos jours au sein de la société française. En prolongeant les liens crées entre les familles, lors des années difficiles qui suivirent leur arrivée en France, en créant des espaces associatifs propres, en s’entraidant pour la recherche d’emploi, pour différentes tâches liées à l’éducation des enfants, les Portugais ont mis en place une sorte d’espace social propre. Nous l’avons appelé “troisième espace” [2], entre celui de la société locale française et celui du village d’origine. Lire la suite

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